Une loi de finances complémentaire "exceptionnelle" est devenue inévitable pour revoir certaines dispositions jugées pénalisantes de la loi de finances 2021, selon le patronat.
L’idĂ©e a Ă©tĂ© discutĂ©e, lors d’un dĂ©bat organisĂ©, dimanche 31 janvier 2021 Ă Alger, par la ConfĂ©dĂ©ration algĂ©rienne du patronat citoyen (CAPC), en prĂ©sence d’experts en finance, du prĂ©sident de l’Association nationale des conseillers fiscaux algĂ©riens Boubaker Sellami, et de reprĂ©sentants de l’administration fiscale. Il s’agit de la première Ă©dition des "DĂ©bats de la CAPC". "Il faut aller vers une loi de finances complĂ©mentaire. Nous avons fait des propositions pour revoir certains points en urgence. L’Ă©conomie est en train de souffrir.
Le temps administratif coĂ»te des milliards de dollars Ă l’Ă©conomie algĂ©rienne. Cela renforce le marchĂ© parallèle. Ceux qui y sont n’ont pas de problème de bureaucratie puisqu’ils sont inexistants pour l’administration", a dĂ©clarĂ© Sami Agli, prĂ©sident de la CAPC. Il a rappelĂ© que la plupart des entreprises privĂ©es sont en difficultĂ© en raison de l’arrĂŞt d’activitĂ©s ou de report de projets Ă cause de l’urgence sanitaire liĂ©e Ă la pandĂ©mie de Covid 19. Interrogations sur le mode de paiement des importations Le plan de relance Ă©conomique, dĂ©cidĂ© par les pouvoirs publics, reste conditionnĂ©, selon lui, par la reprise d’activitĂ©s des entreprises et les mesures de soutien. Les reprĂ©sentants d’entreprises disent attendre des explications de la part du gouvernement sur certaines dispositions contenues dans la loi de finances 2021 relative Ă l’exercice de l’activitĂ© d’importation de produits et marchandises destinĂ©es Ă la revente en l’Ă©tat et aux conditions de paiement.
Le paiement des opĂ©rations d’importation devra s’effectuer, selon les nouvelles dispositions, au moyen d’un instrument de paiement dit "Ă terme" payable 30 jours Ă compter de la date de l’expĂ©dition des marchandises. Le mode de paiement "Ă vue" reste valable pour les opĂ©rations d’importation considĂ©rĂ©es comme "stratĂ©giques" pour l’Ă©conomie nationale. Les intervenants ont proposĂ© de revoir les articles relatifs aux facilitĂ©s accordĂ©es pour l’importation de matĂ©riels d’occasion de moins de trois ans en citant l’exemple du matĂ©riel mĂ©dical et pharmaceutique. L’idĂ©e est de permettre une pĂ©riode plus large.Une taxe de 19 % sur Internet Sami Agli a citĂ© l’exemple de la taxe de 19 % imposĂ©e aux activitĂ©s liĂ©es Ă internet, considĂ©rĂ©e comme contraignante "pour le tĂ©lĂ©travail et l’apprentissage Ă distance". D’autres intervenants aux dĂ©batsont proposĂ© une rĂ©vision Ă la baisse ou une suppression de l’IFU (impĂ´t forfaitaire unique) et la TAP (taxe sur l’activitĂ© professionnelle) pour "permettre aux entreprises de souffler" en pĂ©riode de crise. Les chefs d’entreprise ont, par ailleurs, critiquĂ© les nouveaux tarifs des visas appliquĂ©s aux visiteurs Ă©trangers. Les hommes d’affaires ne bĂ©nĂ©ficient, selon eux, d’aucune facilitĂ©.
La loi de finances 2021 a prĂ©vu des tarifs de visas allant de 10 Ă 14.000 dinars. Le tarif des visas de prolongation, accordĂ©s sous conditions, va de 4 Ă 10.000 dinars. Pas de loi de finances complĂ©mentaire "pour le moment" InterrogĂ© en marge d’un dĂ©bat Ă l’APN, jeudi 28 janvier 2021, le ministre des Finances Aymen Benabderrahmane a Ă©cartĂ© le recours, Ă l’heure actuelle, Ă une loi de finances complĂ©mentaire. "Si une loi de finances complĂ©mentaire devient nĂ©cessaire, nous y rĂ©flĂ©chirons Ă partir du mois de juin 2021", a-t-il dĂ©clarĂ©. La loi de finances 2021 a, selon lui, apportĂ© "des mesures innovantes et une simplification de dispositions fiscales et en vue d’encourager l’investissement et les exportations. Aucune augmentation de la pression fiscale", selon lui.