La crise dans les relations entre l’AlgĂ©rie et la France reprend de plus belle. C’est en effet de nouveau l’escalade. L‘apaisement, suite Ă la communication entre les deux prĂ©sidents, n’aura Ă©tĂ© que de courte durĂ©e. Ainsi, avant-hier, la France a expulsĂ© de son territoire 12 agents consulaires algĂ©riens et aussi rappelĂ© son ambassadeur accrĂ©ditĂ© Alger.
Une dĂ©cision qui intervient après l’expulsion par l’AlgĂ©rie de 12 agents consulaires français quelques jours auparavant. Ces dĂ©cisions sont l’expression d’une nouvelle escalade dans les relations entre les deux pays. Pourtant, l’entretien tĂ©lĂ©phonique entre le prĂ©sident de la RĂ©publique, Abdelmadjid Tebboune, et son homologue français a fait naĂ®tre l’espoir d’un retour Ă la normale dans les relations entre les deux pays.
Des relations qui connaissent de fortes tensions depuis l’Ă©tĂ© dernier suite Ă la reconnaissance par la France de la souverainetĂ© du Maroc sur le territoire non autonome du Sahara occidental. Il est vrai que cet entretien tĂ©lĂ©phonique a permis aux deux prĂ©sidents de passer en revue l’ensemble des dossiers lourds qui pèsent sur leurs relations . Tebboune et Macron ont en commun tracĂ© une feuille de route pour aller de l’avant dans l’amĂ©lioration de cette relation, malgrĂ© le parasitage provenant notamment de cercles français farouchement anti- algĂ©riens.
D’ailleurs, le ministre français des Relations extĂ©rieures, Jean NoĂ©l Barrot a effectuĂ© le dĂ©placement Ă Alger oĂą il a Ă©tĂ© reçu en audience par le prĂ©sident Tebboune. Il a alors Ă©voquĂ© « une nouvelle phase » avec l’AlgĂ©rie. Mais c’Ă©tait comptĂ© sans la volontĂ© de certains tenants de la droite traditionnelle et de l’extrĂŞme droite françaises qui voyaient d’un mauvais oeil cet apaisement. C’est dans ce contexte que le ministre de l’IntĂ©rieur français, Bruno Retailleau, entre de nouveau en scène avec la volontĂ© affichĂ©e de torpiller les efforts des deux prĂ©sidents de tourner la page de la crise. En effet, un agent consulaire algĂ©rien est alors arrĂŞtĂ© en France et emprisonnĂ©. Il est soupçonnĂ© d’avoir participĂ© Ă l’enlèvement d’un « influenceur » algĂ©rien contre lequel la justice algĂ©rienne a lancĂ© plusieurs mandats d’arrĂŞts internationaux.
Le parasitage de Retailleau
L‘AlgĂ©rie avait alors vivement protestĂ© contre cette arrestation. C’est suite Ă cette escalade de la part des services de Bruno Retailleau, que l’AlgĂ©rie a alors procĂ©dĂ© Ă l’expulsion de son territoire de 12 agents consulaires français. La majoritĂ© de ces agents dĂ©pendaient du ministère de l’IntĂ©rieur français.
C’est dire que le message Ă©tait destinĂ© principalement Ă Bruno Retailleau celui lĂ , qui, depuis le dĂ©clenchement de la crise, n’a eu de cesse de durcir le ton Ă l’Ă©gard de l’AlgĂ©rie. Il est en effet Ă la tĂŞte de cette croisade contre l’AlgĂ©rie. A croire qu’il veut pousser Ă la rupture dans les relations entre les deux pays. Retailleau, pour des considĂ©rations politiciennes puisqu’il est en course pour la prĂ©sidence du parti Les Republicains, est carrĂ©ment un va-t- en -guerre.
C’est pourquoi l’AlgĂ©rie n’hĂ©site plus Ă le pointer du doigt comme le principal fauteur de troubles. Dans sa première rĂ©action Ă l’expulsion de 12 de ses agents consulaires, l’AlgĂ©rie a citĂ© nommĂ©ment Retailleau. Sur la TĂ©lĂ©vision algĂ©rienne Sofiane Chaib, secrĂ©taire d’État chargĂ© de la CommunautĂ© algĂ©rienne Ă l’Ă©tranger, a chargĂ© hier le ministre français de l’IntĂ©rieur.
Ce responsable algĂ©rien après avoir indiquĂ© que « l’AlgĂ©rie prend acte et prend connaissance de la dĂ©cision française », a surtout soutenu que « la crise et la tension actuelle est la rĂ©sultante directe de cette machination et de cette théâtralisation de cette affaire créée de toutes pièces par un ministre de l’IntĂ©rieur qui l’a conçue en rĂ©chauffant une affaire datant de plus de huit mois, liĂ©e Ă un supposĂ© enlèvement de cette personne (Amir Boukhors, dit Amir DZ) et qui a Ă©tĂ© malheureusement utilisĂ©e comme le levain d’une nouvelle manoeuvre pour torpiller la relation bilatĂ©rale et la dynamique ascendante qui a Ă©tĂ© voulue par les deux Chefs d’Etat ».